LA MACHINE À LIRE

Hélène des Ligneris

Signe particulier : librairie située au cœur du centre historique de Bordeaux 

Ouverture : 1979

Adresse : 8 Place du Parlement à Bordeaux

Site de la librairie

Derrière les vitrines de livres, il y a ces hommes et ces femmes qui nous accueillent, nous écoutent, nous conseillent. Ils sont passionnés, érudits, méconnus et pourtant indispensables. Nous avons voulu donner la parole à ces êtres étranges, qui travaillent à nous vendre du rêve toute l’année. Hélène des Ligneris a repris La Machine à Lire en 2008 et lui a donné deux petites sœurs,
La Machine à Musique (librairie musicale) et La Petite Machine (maison de la presse), qui comptent au total 16 salariés. Depuis le confinement, elle continue à faire vivre ces lieux culturels et envisage l’après avec confiance et détermination.

« Ce samedi 14 mars, j’avais déjà quitté la librairie quand j’ai appris qu’elle ne réouvrirait pas le lundi. C’était très violent, ça me semblait inimaginable de devoir fermer. Il a fallu réagir très vite puisqu’il n’y avait que deux jours entre cette annonce de fermeture et le confinement. Cela m’a plongée dans une grande sidération, à laquelle a très vite succédé la recherche de solutions pour affronter cette situation. La matérialité des choses a pris le dessus sur l’inquiétude.

Ce que je trouve extraordinaire chez l’être humain, c’est sa capacité à réagir et à s’adapter. La Petite Machine est restée ouverte pendant cette période et a permis aux lecteurs de son quartier de commander des livres du stock de la Machine à Lire. Parmi ces commandes, nous avons vendu des livres assez improbables, des titres de fonds qui passaient inaperçus habituellement.

J’ai été émue de voir

la Pléiade de

La Recherche
du temps perdu

de Proust naviguer entre La Machine à Lire et
La Petite Machine.

Nos amis lecteurs et lectrices de La Machine à Lire ont exprimé le souhait de nous soutenir. Nous leur avons suggéré de passer leurs commandes pendant le confinement (livraison à la réouverture le 11 mai) ou d’acquérir des bons d’achats de soutien. Cette période a pour conséquence chez les éditeurs de réduire le nombre de nouveautés, et beaucoup de lecteurs redécouvrent et explorent la richesse du fonds. Nous espérons que cela va durer pour pouvoir défendre les livres mieux et plus longtemps, et ainsi retrouver un rapport plus juste au livre.

En attendant, nous poursuivons le travail avec les livres : nos futurs coups de cœurs, sélections et vitrines, nos lectures, nos échanges avec les lecteurs mais aussi entre libraires de l’équipe ; nous avons fait quelques réunions en visioconférence pour maintenir le lien et nous rassurer mutuellement sur la suite des événements.

En tout cas, nous sommes prêts pour la réouverture du 11 mai, tout a été mis en place selon
les règles sanitaires. Un sens de circulation, du gel hydro alcoolique à l’entrée, des masques pour
les libraires… Les rencontres ne reprendront pas avant septembre, notre priorité se concentre donc sur l’immédiat : la meilleure manière de nous adapter pour recevoir au mieux nos clients et continuer
à défendre le livre. »

Propos recueillis en mai 2020.
Crédits photos : Raphaëlle Chargois / ALCA Nouvelle-Aquitaine
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