L'IMPROMPTU

Jeremy Derny

Signe particulier : librairie-café qui propose une très belle sélection de livres et de vins
délicieux.

Ouverture : Décembre 2018

Adresse : 48 rue Sedaine, 75011 Paris

Site de la librairie

Derrière les vitrines de livres, il y a ces hommes et ces femmes qui nous accueillent, nous écoutent, nous conseillent. Ils sont passionnés, érudits, méconnus et pourtant indispensables. Nous avons voulu donner la parole à ces êtres étranges, qui travaillent à nous vendre du rêve toute l’année. Jeremy Derny, gérant de la librairie-café L’Impromptu, nous raconte la perception de son métier avec le confinement.

« J’ai commencé le retrait un tout petit avant que cela se généralise, quand les conditions sanitaires étaient réunies. Il y avait plusieurs raisons à ça. Mais la première c’était le nombre de demandes de clients. Il y en avait vraiment beaucoup. Ils nous demandaient comment ils pouvaient nous aider, ils nous disaient qu’ils voulaient nous revoir après le confinement. Et ça fait du bien. Ça fait du bien parce qu’on se dit que oui, en un an et demi, on a réussi à fédérer une communauté de lecteurs et cela prouve l’importance de la faire vivre quand on est un commerce de proximité. Surtout dans une crise comme ça.

 

La deuxième raison… c’était une question de survie tout simplement ! Je comprends que des librairies ne fassent pas de retrait ni de livraison. Et si je pouvais financièrement, je ne le ferai pas. Mais quand j’ai repris mon prévisionnel de l’année et commencé les reports de charge, c’était évident que ça ne pouvait pas continuer.

 

Pour l’instant, ça va. Les commandes et les bons d’achats permettent de tenir un minimum. Mais le problème, ce sera dans trois, six, huit mois, quand les traites et les reports de charges seront là. La bonne nouvelle, c’est que je peux à nouveau me fournir en livres. Le coursier va bientôt passer prendre mes commandes chez les distributeurs. J’ai des cartons qui attendent toujours car ils n’avaient pas pu m’être livrés avant la fermeture. Du coup je n’ai plus Le pays des autres de Leila Slimani, ni Papa de Régis Jauffret, en stock par exemple.

Les lecteurs

nous demandaient comment ils pouvaient nous aider, ils nous disaient qu'ils voulaient nous revoir après le confinement.

Le déconfinement ?  Je pense que nous pourrons le gérer. C’est une petite librairie, il est plus facile de filtrer l’entrée que dans d’autres endroits. On peut veiller à ce que les gens ne touchent pas les livres ni ne soient trop près les uns des autres.

 

Pour ce qui concerne le click & collect, on va garder la formule après le confinement. C’est notre rôle de libraires de sélectionner des livres, c’est même le cœur de notre métier ! Le site Internet permet de mettre cette sélection en avant et le client pressé, d’après le confinement, pourra choisir, payer en ligne et passer prendre son sac le soir.

 

Mais on n’en est pas encore là. Pour l’instant, durant ce confinement, j’alterne entre repos, lecture et rendez-vous pris avec les lecteurs pour le retrait. J’habite à trois minutes de la librairie… Au début du confinement, je me suis dit "Chouette, du temps !" J’ai passé quelques jours à me reposer, parce que c’est fatigant de tenir la librairie. Et puis j’ai commencé à lire les livres que je voulais dévorer depuis longtemps. Mais à ma grande surprise, ce n’était pas si évident. Quand la librairie était ouverte, cela cadrait mes journées, et donc mes moments de lecture. Paradoxalement, le fait d’avoir tout ce temps, d’avoir moins de contraintes, m’a davantage perturbé ! »

Propos recueillis en avril 2020.
Crédits photos : Actualitté, Claire Bauchart.
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